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Pourquoi commencer une entreprise en Écosse plutôt qu’en France ?

Les grandes différences à travers l’expérience de Céline Garnier, reader dans le domaine de l’énergie et du développement durable à Edinburgh Napier University et créatrice de Ili laptop stand, un support d’ordinateur portable dynamique. Interview.

Tombée amoureuse du pays et de sa nature, Céline a choisi l’Écosse. Née à Saillans, une petite ville dans la Vallée de la Drome en France, elle fait ses études à Grenoble et commence à travailler pour une grande entreprise. Cependant, elle se rend rapidement compte que ce travail n’était pas en ligne avec ses aspirations et donc elle décide de venir ici en Écosse pour continuer ses études et améliorer son anglais. Puis, elle tombe amoureuse de son futur mari et commence une entreprise sociale.

Elle doit son amour de l’Écosse à son père : ils venaient tous les étés pour des randonnées. Une fois installée, elle n’a pas des grandes difficultés à s’adapter, étant accueillie à bras ouverts par les Écossais. Elle réussit même à trouver des fonds pour sa thèse et hop ! Elle recommence ses études. Maintenant, ça fait dix-huit ans qu’elle est en Ecosse. Même si elle est contente ici avec sa famille, elle avoue qu’il y des aspects de la France qui lui manquent, comme le climat et la nourriture.

Cependant, avec son mari elle invente un objet intéressant : travaillant sur son ordinateur, elle en a marre des maux de dos. Elle se rend compte qu’il n’y a pas de supports d’ordinateur pour faciliter la posture. Alors, avec son mari elle invente dans sa cabane de jardin Ili laptop stand, un support d’ordinateur portable. L’objet capture la curiosité des personnes quand ils travaillaient dans un espace de co-working en France. De là l’idée de mieux développer l’idée pour aider des gens dans la même situation.

Après treize prototypes, stratégiquement testés, ils créent le produit final. Ce projet s’intègre dans une démarche de développement durable, avec comme but d’aider la société, l’environnement et l’économie. Tout a été développé dans cette optique-là, ce qui implique l’utilisation de produits et de fournisseurs durables. Dans ce domaine-là, il y a des labels qui garantissent la durabilité de produits, et donc de la production. Néanmoins, elle nous confie que ce n’est pas facile de nos jours d’essayer d’être durable tout en étant rentable en Europe, ce qui l’a obligée à utiliser certains matériaux en Inde, pour la pochette.

Elle partage avec nous son expérience acquise en tant qu’entrepreneuse en Grande Bretagne et les différences avec la France : apparemment c’est plus facile d’ouvrir une entreprise ici qu’en France. Elle est certaine que la Grande-Bretagne est un pays plus entrepreneur où il est plus facile de commencer. Alors, une question m’intrigue : qu’est-ce qui rend l’Écosse meilleure que la France ? Elle est consciente des différence grâce à ses cousins qui ont une entreprise en France. Par exemple, il est beaucoup plus facile d’obtenir des fonds monétaires. Dans son cas, elle a obtenu des aides à travers le Bright Red Triangle

(l’incubateur d’Edinburgh Napier University), le Business Gateway, utile pour identifier les fonds monétaires disponibles, et le Scottish Entreprise, qui donne des fonds. En outre, ce serait plus facile de gérer les taxes.

« En France, dès qu’on emploie quelqu’un, on est vraiment un petit peu coincé »

A ses yeux, en France, ça a l’air compliqué aussi bien au niveau bureaucratique que culturel, ce qui rend la vie difficile pour les petites entreprises. En ce qui concerne la bureaucratie, si elle pouvait, elle changerait des choses pour que ce soit plus facile de développer une idée. D’abord elle aimerait qu’il y ait une exemption sur les taxes au départ. Par exemple en Écosse il y a une exemption de taxe sur les 11 000 premières livres gagnées. En France, c’est beaucoup moins avantageux.

Après, elle faciliterait l’employabilité. « En France, dès qu’on emploie quelqu’un, on est vraiment un petit peu coincé », puisqu’il y des indemnités à payer pendant très longtemps. Cependant, il lui semble important qu’il y ait un juste milieu car c’est important d’offrir aux employés des bonnes conditions de travail. Ici, par exemple, si le marché stagne, contrairement à la France, il est possible de donner un préavis d’un mois aux salariés et c’est fini.

Mais il est aussi vrai qu’il y a un aspect culturel à tenir en considération. La France est très protectrice des droits, ce qu’elle trouve quand même bien. Certains pensent que le modèle britannique est parfait. « Non, ce n’est pas vrai. Il est très mauvais dans l’ensemble ». C’est vrai qu’il a y moins de chômage mains certains ont deux boulots car ils en ont besoin pour survivre, donc ils sont précaires, ce qu’elle trouve choquant. En France, il y a de la protection sociale alors que les Britanniques sont plus individualistes.

Elle nous donne aussi des conseils qui pourraient aider des futurs entrepreneurs. Elle dit qu’il faut prendre un comptable, de n’avoir pas peur car il y a beaucoup d’aides financières et de soutien. Elle conseille aussi de faire de bonnes études de marchés et de se préparer au niveau marketing et réseaux sociaux : avoir quelqu’un qui aide serait idéal, parce que cela lui prend beaucoup de temps et d’énergie.

« Personnellement j’ai eu l’impression d’être une monnaie d’échange »

Tout est bien qui finit bien ? Non. Malheureusement à cause de Brexit après dix-huit ans, elle va rentrer avec sa famille en France. L’incertitude autour de cette décision politique leur a fait se poser beaucoup de questions. En plus, ça l’a vraiment fatiguée, personnellement et émotionnellement : « personnellement, j’ai eu l’impression d’être une monnaie d’échange » Alors, elle pense que sa famille, dans cette atmosphère-là, sera mieux en France.

https://www.ililaptopstand.com/

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